2024
La matière vivante fermente et se transforme, incontrôlée. Elle croît, déborde et meurt. Disparaît. Des territoires naissent de cette tension où se dessinent des étendues, ce moment où la forme se défait avant de devenir autre chose. Paysages fragiles, organiques, qui n’existent que le temps de leur propre disparition. La beauté se produit là, dans cet écart, au moment précis où la matière vivante commence à fuir.
La matière liquide de l’encre se dépose, s’étend, forme des territoires que la main n’a pas entièrement décidés, saturant le papier de noir profonds. Ces dessins sont des relevés — non des formes, des formations captées au moment de leur émergence. Fourmillements désigne alors ce mouvement multiple, diffus, incontrôlable — la vie qui se manifeste sans centre ni hiérarchie. Chaque dessin est une cartographie partielle d’un vivant qui excède la représentation.