Le geste capte ce que le langage ne peut pas contenir.
Fusain, encre, crayons. Le dessin ne représente pas — il capte. Le dessinateur ne voit d’ailleurs pas ce qu’il façonne : il suit une mémoire de la main, une trace qui s’inscrit en s’effaçant. Ces tracés sont des relevés vibratoires, projections partielles de structures invisibles, perceptibles dans certains états d’attention. Non pas des formes inventées, mais des fragments d’un réel perçu — une cartographie de territoires existants, non conventionnels.
Chaque dessin est une interface entre le visible et l’invisible. Une antenne, un prisme, un sceau. Les strates ne désignent pas des temps linéaires mais des états superposés. Une topologie mouvante, où la matière pense, respire, se propage. L’art comme mode d’accès à l’intelligibilité du vivant — non par le discours, mais par le geste direct.


